Cervelle2jaguar
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Joined: 06 Jan 2007 Posts: 26
Localisation: BREST
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Posted: 13/07/2007 20:47:18 Post subject: Ambiances fétichistes ( suite ) |
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Petite suite aux textes déjà écrits, autres petits instant de saveur nicotinique ; des premiers jets toujours . Bonne lecture !
"Lorsqu'elle fumait une cigarette, Marine avait adopté depuis quelques temps cette posture tendue qui caractérise les fumeuses étourdies par leur confiture aux hydrocarbures, et qui, hésitant à céder complètement à la détente de la nicotine, s'obstinaient à tendre les muscles de leurs cou , jusqu'à leurs épaules parfois, pour être sûre de s'en injecter le maximum, d'engloutir tout avant la fin, en laissaient ensuite retomber, apaisées, le filtre noirci par leur manque vorace."
" Marine avait adopté cette accessoire qui insufflait le raffinement de l'addiction dans son métabolisme. Elle refusait, l'âge de seize ans venant, d'être le simple métronome de sa vie. La délectation de ce nouveau vice n'était pas désagréable. C'était quelque chose de bon, imprévisiblement bon, et aucune cigarette fumée n'était vraiment comme la dernière. Elle appréciait ce côté caméléon et connaisseur de la fumée , qui parvenait à saisir sur l'instant tous les reliefs de son appétit de nicotine, et s'y accollait, gluante, la comblait, jusqu'au dernier milligramme de frustration, jusqu'à ce que les interstices du manque ne débordent de ce trop plein. "
"Lorsqu'elle avait fini, elle n'avait souvent aucun regard pour le morceau de filtre cylindrique, lorsqu'elle le laissait retomber, lourd et encore fumant, sur le pavé d'une rue, et continuait son chemin de son petit jeu de jambe rassasié, tandis que les volutes dégoulinantes de fumée susurraient encore l'écho de son soulagement. Elle avait l'appétit ingrat. "
"En revanche la fumée, par une habile économie de surface imprégnée, concentrait ses forces, notait chaque seconde du contact toxique sur la membrane cristalline de ses alvéoles, posait les minutes devant les secondes, fabriquant un trône magnifique de dépôts goudronneux, pour s'y avachir, bientôt. Le jour où l'on referait les comptes, le paquet de cigarette pourrait attendre tranquillement, posé comme une évidence grotesque sur une table, tandis que mademoiselle, choquée par les premières douleurs des métastases, en peinerait à retrouver son briquet ; qu'elle se traînerait encore vigoureusement entre les différentes pièces de son appartement, à la recherche de cette amulette rendant béantes des secondes entières de plaisir succulent, qui se referment aussitôt. " |
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